Épisode 003 : Systémique (1/4) : La genèse

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Le regard interactionnel

C’est ce que l’on qualifie habituellement d’approche systémique. La systémique résulte de l’évolution de trois disciplines :

  • la cybernétique
  • la théorie générale des systèmes
  • la théorie de l’information

    Les phénomènes concernés par cette approche sont les phénomènes complexes, c’est-à dire composés de nombreuses parties.Ex : corps humain : organes, famille, sociétés, écoles …

1. De Descartes à la Cybernétique

1.1 Contexte de recherche : phénomènes complexes – autorégulés

 

Jusque vers les années 1930, toute l’approche scientifique reposait sur la méthode expérimentale telle qu’elle avait été définie et formalisée par Descartes au 17ème siècle.

Il procède par un raisonnement analytique : Diviser les problèmes pour les réorganiser logiquement.

 C’est le réductionnisme : tout aspect de phénomène complexe peut être ramené aux éléments constituants. D’après lui, il fallait donc diviser le phénomène complexe en unités simples et les étudier séparément et ainsi on pouvait comprendre l’ensemble de ce phénomène. En ce qui concerne les sciences dures, il y a eu des résultats.Mais il ne tient pas compte dans sa conception du fait qu’il existe une organisation, une interaction entre les différentes parties, de manière à ce que certaines caractéristiques d’ensemble restent constantes, stables.

Face à ces phénomènes, le questionnement scientifique s’est centré sur : Est-ce qu’il ne faut pas plutôt capter les phénomènes complexes dans leur intégralité ? Beaucoup de questions se posent à ce moment mais pas encore d’outils donnant une réponse satisfaisante.Plusieurs scientifiques ont noté ce problème, notamment en ce qui concerne le domaine du vivant.

Ils en déduisent donc qu’il faut aborder le problème dans son intégralité. La question se pose alors de savoir comment il peut exister une certaine stabilité dans les systèmes complexes ?Les ingénieurs, eux, se posaient aussi le même type de questions; par exemple, comment un moteur maintient-il une vitesse constante ? C’est l’ensemble des pièces qui fait maintenir la constance. De même, en économie, on ne tient pas seulement compte de l’économie de chacun des pays pour analyser l’économie mondiale. Il y a un contexte global.Mais dans les années 30, il y a un grand cloisonnement entre les disciplines et ils n’ont pas conscience de se poser les mêmes questions.Dans le domaine relationnel, il y a un Monsieur qui a été confronté à ce type de questions, Gregory Bateson (1904-1980), anthropologue anglais. Il fut d’abord biologiste puis s’intéresse à l’anthropologie qu’il étudie avec Malinowski qui est pionnier de l’anthropologie de terrain. Ce qui s’oppose à l’ethnocentrisme de l’époque.Pour lui, il faut comprendre comment les sociétés fonctionnent et pas les comparer par rapport aux nôtres. Il faut aller sur le terrain pour comprendre les interactions, l’observateur n’étant pas neutre. En effet, en fonction de sa théorie, l’explication de phénomènes est différente.Bateson se pose la question, comment, à partir d’une théorie individuelle et historique expliquer l’augmentation ou l’arrêt d’un comportement. Il en déduit qu’il faut tenir compte de l’interaction dans l’ici et maintenant.On passe donc d’une théorie historique et individuelle à une théorie synchronique et interactionnelle.Ces questions représentent le climat scientifique de l’époque : comment les éléments sont liés entre eux, quels sont les mécanismes qui permettent les échanges et comment tout ça se régule?Gregory Bateson s’intéresse à ce qui se passe entre les éléments et non ce qui se passe à l’intérieur de chaque élément.Dans le contexte de guerre, beaucoup de scientifiques migrent aux USA et se regroupent ; des liens se nouent, ils discutent entre eux et un de ces regroupements à donner lieu aux conférences MACY qui dureront une dizaine d’années (42-53).De là, va naître la cybernétique qui étudie la communication et le contrôle.Cybernétique : « Science qui étudie les mécanismes de communication et de contrôle dans les machines et chez les êtres humains » (Wiener).L’approche systémique est la rencontre de ces trois grands courants : la cybernétique, la théorie des systèmes et la théorie de l’information (nous verrons ces deux derniers courants dans de prochains Podcasts). Ces trois disciplines s’intéressent aux questions suivantes: comment s’organise la régulation, comment ça se crée, comment ça marche ; on va voir les 3 disciplines pour avoir les bases.Ces trois théories ne sont donc pas propres à une discipline en particulier.

1.2 Le feed-back

En 42 les USA entrent dans la guerre, les scientifiques doivent donc contribuer à l’effort de guerre en échange de l’hospitalité. Wiener (mathématicien), doit faire en sorte que le tir des batteries anti-aériennes soit plus précis et plus efficace pour atteindre les avions qui volent de plus en plus haut. Le problème qui se pose alors est de savoir comment anticiper la trajectoire d’un objet volant dans le but de le détruire. C’est lui qui a trouvé la clé de la régulation.Il faut une info en retour sur l’écart entre la cible et l’impact.Cette information en retour concernant l’écart entre la cible et le point d’impact et l’ordre de le réduire s’appelle le feed-back.On peut mesurer la portée de ce concept dans la gestion des relations. Si nous souhaitons atteindre un objectif déterminé dans le cadre d’une relation de travail auprès d’un usager, il sera capital de pouvoir cerner l’effet des messages que nous adresserons et de pouvoir corriger notre action en fonction du but poursuivi.Pour réguler le comportement, la manière dont on décode l’information est déterminante !Sans ce retour d’information, c’est-à-dire sans le retour de l’effet sur la cause, il n’est pas possible de corriger l’erreur donc d’atteindre l’objectif poursuivi.Une cause produit un effet et il y aura un retour d’info de l’effet pour corriger la cause. Le retour, c’est le feed-back. Le feed-back permet une régulation de l’action; je tiens compte de l’effet pour modifier mon action par la suite si je n’ai pas ce retour d’info, je ne peux pas réguler. Retour de l’effet sur la cause, qui va changer la cause, puis retour de l’effet… jusqu’à atteindre l’objectif. C’est ainsi que les phénomènes vivants se régulent.

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