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  • Feedback : l’Art subtil de guider sans imposer

    Feedback : l’Art subtil de guider sans imposer

    Il existe un adage qui dit : « Ce qui ne se mesure pas, ne s’améliore pas« .

    Dans nos interactions quotidiennes au travail, c’est par le feedback – une mesure de nos actions et de nos comportements – que nous pouvons nous améliorer. Malheureusement, l’art de donner et de recevoir un feedback constructif est souvent négligé, avec des conséquences parfois désastreuses pour nos relations de travail et pour la performance de l’organisation.

    Qui ne connait pas une personne qui critique publiquement ses collaborateurs, sans proposer de conseils constructifs.

    Les conséquences de ce type de comportement sont souvent une baisse de la motivation des employés, une augmentation du stress au travail et une diminution de la productivité. De plus, par peur de réprimandes ou de rejet, les collaborateurs peuvent se sentir inhibés et éviter de partager leurs idées et leurs préoccupations, ce qui limite l’innovation et l’amélioration continue.

    À l’opposé, il y a aussi ceux qui, ne sachant pas comment donner un feedback de manière appropriée, préfèrent ne rien dire du tout. Le danger ici est que les problèmes ou les comportements inappropriés peuvent perdurer sans être corrigés, ce qui peut finalement nuire à l’équipe et à l’organisation.

    Il est donc évident que savoir donner un feedback constructif est une compétence essentielle pour tous, et particulièrement pour les managers et les leaders. Mais alors, qu’est-ce qu’un feedback constructif et comment peut-on l’offrir efficacement ?

    Qu’est-ce qu’un feedback?

    Dans une perspective systémique, le feedback est une boucle de rétroaction. Cette notion de boucle de rétroaction est fondamentale dans de nombreux systèmes, qu’ils soient mécaniques, biologiques, sociaux ou psychologiques. Mais qu’est-ce qu’une boucle de rétroaction et comment fonctionne-t-elle ?

    Je te donne plus d’informations sur l’approche systémique pour les entrepreneurs ici.

    Comment tirer sur un avion avec une boucle de rétroaction ? 

    Pour illustrer ce concept de manière didactique, on peut se référer à l’exemple historique de l’amélioration de la défense antiaérienne (DCA) pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Au cours de ce conflit, il est devenu crucial d’améliorer l’efficacité de la DCA pour contrer les attaques aériennes. Les chercheurs réunis lors des conférences du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont donc cherché à comprendre comment rendre les canons antiaériens plus rapides et plus précis.

    Le problème principal était que, lorsqu’un avion était repéré et que le canon tirait un obus, l’avion avait souvent le temps de changer de position avant que l’obus n’atteigne sa cible. La solution a été trouvée en créant une boucle de rétroaction.

    Lorsqu’un avion était repéré, la position et la vitesse de l’avion étaient utilisées pour calculer où il serait lorsque l’obus atteindrait la cible. Cependant, cette information n’était pas suffisante car l’avion pouvait changer de direction entre le moment du tir et l’arrivée de l’obus.

    La clé de la solution a été de mesurer l’écart (le « delta ») entre l’endroit prévu de l’impact et l’endroit réel où l’obus avait atterri. Cette « information de retour » était ensuite utilisée pour ajuster les tirs futurs. Plus l’écart était grand, plus le réglage était important.

    Un retour d’information nécessaire

    C’est le même principe qui est à l’œuvre dans le feedback en communication interpersonnelle. Lorsque nous interagissons avec quelqu’un, nous observons sa réaction à ce que nous disons ou faisons. Nous utilisons ensuite cette information pour ajuster notre comportement et mieux atteindre nos objectifs de communication.

    Donner un feedback constructif, c’est fournir à quelqu’un l’information dont il a besoin pour ajuster son comportement. Contrairement à une critique, qui juge la personne plutôt que le comportement, un feedback constructif se concentre sur le comportement spécifique qui peut être amélioré. De plus, un feedback constructif doit être donné dans un esprit de soutien et de développement, et non pas comme une attaque personnelle.

    En somme, le feedback est un outil précieux pour favoriser l’apprentissage, l’amélioration et le développement. Que nous soyons leaders, collègues, amis ou partenaires, nous avons tous à gagner à maîtriser l’art du feedback constructif.

    Approches générales du feedback

    Dans le domaine de la communication et de la gestion des conflits, plusieurs approches ont été développées pour donner un feedback. L’une des plus connues est sans doute la méthode « Sandwich ».

    La méthode « Sandwich »

    La méthode « Sandwich » est une technique de communication souvent utilisée pour donner un feedback constructif. Comme son nom l’indique, cette méthode consiste à « emballer » un point à améliorer (le « remplissage ») entre deux commentaires positifs (les « tranches de pain »). L’idée est de minimiser l’impact négatif du feedback constructif et de garder la personne motivée pour améliorer son comportement.

    On parle plus simplement d’approche + – + (plus, moins, plus)

    Par exemple, si un collaborateur a présenté un rapport bien rédigé mais avec quelques erreurs factuelles, on pourrait utiliser la méthode « Sandwich » comme suit :

    • Commentaire positif (première « tranche de pain ») :
      « J’ai beaucoup apprécié la clarté et la concision de ton rapport. Tu as réussi à synthétiser une grande quantité d’information de manière très lisible.« 
    • Feedback constructif (« remplissage ») :
      « Cependant, j’ai remarqué quelques erreurs factuelles. Par exemple, les chiffres que tu as mentionnés à la page 5 ne correspondent pas à ceux de notre base de données.« 
    • Commentaire positif (deuxième « tranche de pain ») :
      « Mais dans l’ensemble, ton rapport était très bien structuré et facile à comprendre. Si tu fais attention à ces détails, ton prochain rapport sera encore meilleur.« 

    Il convient de noter que, bien que la méthode « Sandwich » soit largement utilisée, elle n’est pas sans critique.

    Certains pensent qu’elle peut diluer le message principal et même créer de la confusion. D’autres suggèrent qu’elle peut sembler condescendante ou manipulatrice. C’est pourquoi il est important de l’utiliser avec discernement, en tenant compte du contexte et de la personne à qui vous donnez le feedback.

    Il existe bien d’autres approches pour donner un feedback, et la meilleure approche dépendra de la situation spécifique, du contexte culturel, de la relation entre les personnes concernées, et de la personnalité et du style de communication de chacun. Quelle que soit l’approche choisie, le but ultime est d’aider l’autre à comprendre comment il peut améliorer son comportement, tout en renforçant la relation et en créant un environnement propice à la croissance et au développement.

    L’approche FIERC

    Cependant, une autre approche que j’aimerais présenter est l’approche FIERC (Faits, Intentions, Émotions, Résultats, Conseils). Cette méthode est très efficace pour donner un feedback constructif et complet, en tenant compte des différents aspects de la situation.

    Tu ne la trouveras pas ailleurs, car c’est par mon expérience celle que j’utilise. Je la détaille ci-dessous afin de te donner un guide, une structure pour t’aider à la construire. Il va de soi qu’avec le temps, tu gagneras en flexibilité, en facilité.

    Le modèle FIERC

    Voici donc cette méthode : 

    F : « Faits ».
    Tu dois identifier et décrire de manière objective une situation spécifique où tu as observé un comportement particulier. Il est essentiel pour moi de rester factuel et de ne pas porter de jugement à ce stade.

    I : « Impact ».
    Tu décris les conséquences du comportement que tu as observé, que ce soit sur toi, sur les autres, sur le projet, etc. Encore une fois, l’objectif pour moi est de rester factuel et non pas d’émettre des jugements.

    E : « Émotions ».
    Ici, tu partages tes émotions en réaction à l’événement. Il est crucial pour moi d’exprimer mes sentiments de manière authentique, en utilisant la première personne pour souligner que ce sont mes réactions personnelles.

    R : « Recommandation ».
    Dans cette partie, tu proposes une manière alternative de se comporter dans le futur. Cette recommandation doit être présentée de manière constructive et positive.

    C : « Conséquences ».
    Ici, tu illustres comment l’adoption de la recommandation peut améliorer la situation, pour la personne concernée et pour l’ensemble de l’équipe ou du projet. C’est une occasion pour moi de souligner les bénéfices potentiels d’un changement de comportement.

    Exemples d’utilisation de ces feed-back.

    Pour illustrer l’approche FIERC, nous utiliserons deux exemples différents.

    Situation 1 : Le cadre qui parle de manière froide et directe lors des réunions, ce qui intimide ses collègues et limite leur participation. Dans ce cas, le feedback pourrait être le suivant :

    ÉtapesMessage
    FaitsLors de nos réunions d’équipe, j’ai remarqué que tu encourages vivement la participation de tous pour améliorer nos performances. Par exemple, lors de la réunion de la semaine dernière, tu as invité plusieurs fois l’équipe à s’exprimer davantage
    ImpactJ’ai la sensation que tu cherches à stimuler chacun à contribuer activement pour la réussite de notre équipe, mais cela ne semble pas donner les résultats escomptés, n’est-ce pas?
    ÉmotionsCela doit être frustrant pour toi, sachant combien tu tiens à notre succès collectif.
    RecommendationJe me demande si essayer d’autres manières d’encourager la participation pendant les réunions pourrait aider. Par exemple, reconnaître spécifiquement les contributions positives de chaque personne, ou créer un espace plus sûr pour l’expression des idées.
    ConséquencesCela pourrait encourager davantage l’équipe à partager leurs idées, renforcer l’ambiance de coopération et nous rapprocher de notre objectif commun de performance.

    Situation 2 : Le cas de l’homme qui refuse de changer, en disant « ce n’est pas à moi de changer, je suis comme je suis ». Dans ce cas, le feedback pourrait être le suivant :

    Étapes
    FaitsJ’ai remarqué que tu dis souvent ‘ce n’est pas à moi de changer, je suis comme je suis’
    ImpactJ’ai l’impression que tu tiens à rester authentique et fidèle à toi-même, ce qui est une qualité admirable. Cependant, cela semble entraver ton développement personnel et professionnel, n’est-ce pas ?
    ÉmotionsCela doit être frustant pour les autres ne pas réussir à communiquer s’il ne trouve pas le mode d’emploi, et peut-être pour toi aussi de voir cettaines relations s »échapper.
    RecommandationJe me demande si envisager le changement non pas comme une menace à « qui tu es », mais plutôt comme une opportunité de montrer aux autres qui tu es vraiment, pourrait t’aider à voir les choses sous un angle différent.
    ConséquencesCette perspective pourrait t’ouvrir à de nouvelles expériences, contribuer à ton développement personnel et te permettre d’atteindre ton plein potentiel.

    Ces deux exemples illustrent comment l’approche FIERC peut être utilisée pour donner un feedback constructif et respectueux, qui vise à soutenir l’autre dans son développement et son amélioration.

    Bien sûr, chaque situation est unique et nécessite une approche adaptée, mais l’approche FIERC offre un cadre utile pour donner un feedback de manière efficace et constructive.

    Conclusion

    Donner un feedback constructif n’est pas toujours facile, mais c’est une compétence essentielle pour tout leader et toute personne souhaitant améliorer sa communication interpersonnelle. En développant cette compétence, nous pouvons non seulement améliorer notre efficacité en tant que leaders ou collègues, mais aussi contribuer à créer un environnement de travail plus respectueux, plus soutenant et plus productif.

    Le feedback constructif peut avoir un impact positif non seulement sur ceux qui le reçoivent, mais aussi sur ceux qui le donnent. En donnant un feedback constructif, nous libérons notre esprit de la frustration ou de la rancune qui peut s’accumuler lorsque les problèmes ne sont pas abordés. En transformant nos pensées négatives en suggestions positives pour le changement, nous améliorons notre propre mentalité et attitude.

    Il est important de se rappeler que le feedback constructif n’est pas un « oui, mais » déguisé. Il ne s’agit pas de flatter quelqu’un pour ensuite souligner ses erreurs. Un feedback constructif est une critique équilibrée, qui reconnaît les forces tout en identifiant les domaines d’amélioration.

    L’une des clés du feedback constructif est l’empathie.

    Quelle que soit l’approche que vous choisissez d’utiliser, elle doit toujours être appliquée avec une réelle compréhension et une attention aux sentiments de l’autre personne. Le but du feedback est d’aider l’autre personne à grandir et à s’améliorer, et non pas de la critiquer ou de la juger.

    Avancer pas à pas pour rester en sécurité.

    Donner un feedback peut être intimidant, surtout si vous n’avez pas l’habitude de le faire. Une bonne façon de commencer est de repérer les situations les plus insignifiantes possibles et de commencer à donner des feedbacks à petite échelle. Avec le temps, vous vous habituerez à donner des feedbacks, et vous pourrez progressivement l’appliquer dans des situations plus importantes.

    En maîtrisant l’art du feedback, nous avons la possibilité de transformer nos relations et nos environnements de travail. Alors, commençons dès aujourd’hui à utiliser ces outils précieux pour créer des changements positifs autour de nous.

  • Quand toutes les solutions échouent, tombez amoureux du problème !

    Quand toutes les solutions échouent, tombez amoureux du problème !

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    C’est une difficulté ? Non, c’est un problème !

    Face à une situation bloquée, si vous avez trouvé la solution, c’est que vous étiez face à une difficulté. Mais si aucune de vos solutions ne fonctionne, alors c’est que vous avez un problème… ! Pour s’en sortir ? Devenez amoureux de votre problème…

    C’est quoi ton problème ?

    Vous êtes là ! Confronté à une situation sans issue. Vous avez essayé tout ce qu’il était possible de faire. Vous avez essayé, essayé encore plus fort, différemment, mais rien n’y fait ! Toutes vos tentatives sont vaines, sans résultat et vous voyez même parfois la situation empirer.

    Pourtant, depuis que vous allez à l’école on vous apprends que la connaissance de l’histoire permet de prédire le futur. Descartes vous apprends ensuite qu’il faut trouver la cause première, découper un problème en sous-problèmes plus petit… alors vous étudiez la solution cherchez qui de la poule ou de l’œuf est à l’origine du problème, mais rien n’y fait. Plus vous tentez, plus vous échouez.

    Un conflit dans une entreprise, un poste dans lequel personne ne reste plus de 9 mois, une équipe sans aucune dynamique, une stratégie menant coup sur coup à des échecs, une carrière avec un avenir insaisissable,… comment se retrouve-t-on perdu sans un labyrinthe sans issue ?

    Aimez votre problème ! Et pour l’aimer, un présupposé est nécessaire à prendre en compte : un problème compliquée ne se régule pas comme un problème complexe.

    1. Votre problème est compliquée ou complexe ?

    1.1 Une brève définition

    De cette différence, va naître une stratégie de résolution différente, mais commençons par expliquer ces termes simplement.

    • Un système compliqué, se définit par la capacité à en comprendre l’intégralité du fonctionnement. Par exemple le moteur d’une voiture ou un circuit informatique est compliqué, mais nous pouvons analyser l’intégralité des éléments qui les composent. Aussi compliqués soient-ils nous pouvons tout relier, comprendre, analyser, décomposer le processus totalement.

    Un système est dit complexe quand la compréhension totale nous est impossible. Il existe toujours une partie du système que nous ne comprenons pas. Le chômage, la R&D, une relation humaine, un conflit.

    En somme, quand une situation est compliquée, nous pouvons poser tous les éléments à plats, alors que si elle est complexe, un degré d’incertitude dans le fonctionnement est toujours présent ; soit nous l’ignorons par facilité, soit nous l’enfermons dans une boite noire au fonctionnement inconnue qui va prendre, selon notre approche un nom différent (hasard, inconscient collectif, chance, la Force,…)

    Une question se pose alors ; peut-on travailler sur ces problèmes de la même façon. En effet, si le problème est compliqué et que vous n’avez pas la solution, alors l’apprentissage de son fonctionnement permettra de trouver la réponse, de même que les solutions des experts ayant déjà eu ces mêmes problèmes du fait que nous avons tous les éléments pour trouver la solution.

    Mais dans le cas d’un problème complexe, n’ayant jamais tous les éléments il nous est impossible de se baser sur la décomposition en problèmes plus petits, ni d’utiliser une approche linéaire du fait des zones d’ombres.

    Regardons donc si l’approche de Descartes, base de la pensée logique, cartésienne, à ouvert la porte à une pensée plus complexe…

    1.2 De Descartes…

    Replongeons quelque temps en arrière, dans la première moitié du 17ème siècle avec  René Descartes[^1] quand il pose les bases d’une science moderne avec une application plus forte de la logique. Causalité linéaire & réduction en problèmes plus petits et simples, comme méthode de résolution de gros problèmes.

    Cette approche, première en son genre va faire évoluer toutes les sciences. Nous avons une méthodes pour résoudre des problèmes de façon logique. Freud à d’ailleurs repris l’approche de Descartes entre autre avec l’idée de cause première, de causalité linéaire.

    Et cela fonctionne merveilleusement bien avec les systèmes compliqués. En effet, nous pouvons alors « démonter » le fonctionnement du problème, trouver l’origine issue d’un enchaînement logique de réactions…

    Nous pouvons comprendre un moteur. Nous pouvons apprendre comment fonctionne le cœur, nous pouvons étudier un livre de compte et trouver le dysfonctionnement et une solution.

    Mais en divisant en parties le problème, on oublie un niveau : comment les parties interagissent entre elles ? Comment les éléments trouvent un équilibre entre eux ?

    Des scientifiques de tous les univers : économistes, psychologues, mathématiciens, anthropologues, se sont retrouvé dans les années 1940 confortés à cette nouvelle problématique : il devenait impossible d’utiliser l’approche de Descartes pour résoudre les problèmes car on ne pouvait plus intégrer tous les éléments.

    Les organes du corps ne pouvaient plus s’étudier séparément, l’économie gérait des problématiques plus larges, les mathématiques et la physique évoluaient. – Les outils traditionnels ne fonctionnaient plus. Surtout dans le domaine des sciences du vivant.

    1.3   … à Bateson

    Ce fut le temps des Conférences de Macy de 1942 à 1953 avec pour objectif de regrouper des scientifiques de tous les horizons pour édifier une science générale plus large permettant de s’attaquer aux problèmes… complexe.

    La question se pose alors de savoir comment il peut exister une certaine stabilité dans les systèmes complexes ? Et comment comprendre le fonctionnement si nous n’avons pas accès à tous les éléments.

    Dans le domaine des sciences humaines un homme s’est confronté à ce type de questions, Gregory Bateson[^2] {1904-1980), anthropologue anglais. Il fut d’abord biologiste puis s’intéressa à l’anthropologie qu’il étudia avec Malinowski qui fut un pionnier de l’anthropologie de terrain. Ce qui s’opposait à l’ethnocentrisme de l’époque.

    Pour lui, il faut comprendre comment les sociétés fonctionnent et non les comparer entre elles. Il faut aller sur le terrain pour comprendre les interactions, l’observateur n’étant pas neutre. En effet, en fonction de son modèle théorique, de sa vision, l’explication de phénomènes est différente.

    Bateson se pose la question, comment, à partir d’une théorie individuelle et historique expliquer l’augmentation ou l’arrêt d’un comportement. Il en déduit qu’il faut tenir compte de l’interaction dans l’ici et maintenant.

    On passe donc d’une théorie historique et individuelle à une théorie synchronique et interactionnelle. De là, va naître la cybernétique qui étudie la communication et le contrôle. C’est « la science qui étudie les mécanismes de communication et de contrôle dans les machines et chez les êtres humains » (Wiener).

    Ajoutons à la cybernétique, la théorie des systèmes et la théorie de l’information et nous avons la naissance de l’approche #systémique qui a pour objet de comprendre comment s’organise la régulation d’un système. C’est cette approche globale et interactionnelle qui va permettre, non pas de séparer pour trouver une solution mais d’avoir une vue d’ensemble. Si la boite noire, une partie manquante d’un problème est toujours là, nous allons étudier les interactions entre les éléments du système. Y compris l’influence de la boite noire !

    Nous sommes alors devant un système (une personne, un couple, une équipe, une entreprise, un pays,…) qui à ses propres règles de fonctionnement multi-factorielles face à nous, dans sa globalité, sa complexité et sa part inconnue.

    2. Tombez amoureux de votre problème

    Alors pourquoi et comment peut-on regarder un problème complexe avec cette vision quand toutes les solutions tentées ont échouées ?

    Ne vous souvenez-vous de situations où la réorganisation  d’un service n’arrivant pas à se réaliser, la société change le responsable du service, ou certains individus, sans succès.. Qu’il s’en suit des formations, interventions, #coaching pour réaliser le changement en vain ? À un tel point que seule une rupture complète, dure, semble être la solution mais qu’elle est impossible à mettre en œuvre de par la rupture qu’elle impose ? Et c’est donc des changements successifs qui en fait ne change… rien.

    Une des règles issue de la cybernétique et des lois de la thermodynamique est que tout système tends à trouver et garder son point d’équilibre. En somme tout ce que vous allez essayer de faire pour changer une situation, une relation, va engendrer un ajustement du système pour ne pas changer… et plus vous allez vouloir changer la situation, plus le système va faire son possible pour ne pas bouger.

    2.1 Tombez amoureux

    Alors plutôt que de chercher la solution, regardez le problème autrement. Regardez à quel point il est magnifique dans sa capacité à vivre, à résister à tout ce que l’on entreprends pour le résoudre.

    Observez à quel point il est capable de s’ajuster pour persister. Tout comme un couple peut traverser les épreuves de la vie, ce problème persiste malgré tout ce qui l’attaque… Observez, sans jugement, comprenez la beauté de cet équilibre de cet perpétuel ajustement jusqu’à ce que vous le trouviez merveilleux.

    Tombez amoureux de la beauté de ce système. N’a-t-il pas une compétence particulière pour énerver toutes les personnes qu’il croise ? N’est-il pas merveilleux dans sa compétence à échouer dans toutes ses relations amoureuses ? Ne sont-ils pas doués ceux qui arrivent toujours à court-circuiter l’organigramme officiel ?

    2.2 Admirez la chorégraphie.

    À ce moment là vous pourrez comprendre comme les ajustement sont beaux et, tel un ballet, le mouvement d’ensemble vous semblera plus important que les danseurs. C’est cette chorégraphie qui devient importante, sa compréhension, sa raison d’exister ; elle à un but, une mission.

    De cette connaissance vous pourrez trouver ce qu’il faut ajuster non pas en terme de personne, mais de chorégraphie.

    « Une certaine liberté naît de la reconnaissance de ce qui est nécessairement présent. Après cela, apparaît le savoir comment agir » Gregory Bateson

    Gregory Bateson

    3. Maintenant changez.

    Changez votre regard sur la situation, changez de posture, de vision pour la voire sous différents angle. Plutôt que de vouloir la résoudre dansez avec elle. Ne changez pas les danseurs, changez la musique ou la piste de danse. Mais attention ! Il y a un bémol car un il faut prendre en compte une autre règle disant que « tout élément d’un système ne peut pas le changer tout seul ». Alors que peut-on faire seul et comment compléter son action si nécessaire ?

    3.1 Arrêtez de vouloir changer pour changer.

    Vous avez tout essayé mais en vain, vous le savez maintenant, chaque fois que vous avez voulu provoquer le changement vous n’avez que provoqué une résistance à ce propre changement. Et que se passera-t-il à votre avis si vous recommencez une fois de plus… ?

    Alors commencez par arrêter, laisser les résistances aux changement disparaitre… cela ne résoudra pas la situation mais toute l’énergie négative en sera éliminée. De bonnes bases non ?

    3.2 La solution est ailleurs

    La trouver n’est pas chose facile du fait même qu’elle est en dehors de notre cadre de pensée… mais peut-être pas en dehors du système de pensée d’autres personnes ?

    • Qui as-su trouver une solution ?
    • Quelle personne est si loin de vous que c’est la dernière personne auprès de qui chercher ?
    • Quels sont les idées, conseils que vous avez rejetés d’un revers de main, certains de leurs inefficacités ?
    • Qu’est-ce qui pourrait aller à contre-sens de vos tentatives de solutions ?

    Peut-être aurez vous des pistes à étudier…

    Rappelez-vous cet adage disant que : s’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème… ou plus exactement que nous avons alors confondu un symptôme avec un problème, que nous n’avons pas vu la chorégraphie de la bonne façon…

    En Ouverture

    L’apprentissage est l’amélioration de nos réponses dans des situations données et connues.

    L’expert, le consultant, sait trouver l’élément important là ou le débutant ne voit qu’une situation compliquée et vous apportera une solution sur mesure. Le formateur pourra vous aider à former vos équipes à résoudre ces difficultés. J’ai d’ailleurs écrit un article sur ces 3 approches différentes de l’aide que tu trouveras ici.

    Le coach serait alors là en tout cas dans sa version systémique pour vous aider à comprendre la chorégraphie du complexe et trouve une stratégie minimaliste et stratégique.

    C’est peut-être là une différence entre le coach qui vous pousse dans la direction qu’il sait la bonne (un peu à l’américaine) et le coach qui va plonger dans votre labyrinthe, avec vous et vous aider à en trouver la sortie.

    « La vie deviendrait horriblement compliquée si on ne pouvait mettre en réserve des solutions ou des adaptations réussies pour pouvoir les appliquer à nouveau à l’avenir. Mais ces solutions deviennent de terribles simplifications, répétons-le, si on ne prend pas en considération le fait que les circonstances évoluent sans cesse et que les solutions doivent changer au même rythme. »

    Paul Watzlawick, in Changements

    [^1] : René Descartes, né le 31 mars 1596 à La Haye-en-Touraine et mort le 11 février 1650 à Stockholm, est un mathématicien, physicien et philosophe français. Il est considéré comme l’un des fondateurs de la philosophie moderne https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Descartes

    [^2] : Gregory Bateson (né le 9 mai 1904 à Grantchester, Royaume-Uni – mort le 4 juillet 1980 à San Francisco) est un anthropologue, psychologue, épistémologue américain. Influencé par la cybernétique, la théorie des groupes et celle des types logiques, il s’est beaucoup intéressé à la communication (humaine et animale), mais aussi aux fondements de la connaissance des phénomènes humains. Il est l’un des fondateurs de l’école de Palo Alto. https://fr.wikipedia.org/wiki/Gregory_Bateson

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  • Je viens juste de découvrir que… [Astuce]

    Je viens juste de découvrir que… [Astuce]

    Ami lecteur, il faut que je te dises !

    Je viens juste de découvrir que,… Ah mais oups pardon, commençons par le début à propos de cette astuce ! je te le dirais juste après.

    En fait je cherchais comment utiliser les leviers psychologiques pour rendre une personne curieuse.. je sais pas si tu l’es mais je dirais que oui car, si tu as lu cet article avec un tel titre, ose me dire que tu ne veux pas savoir ce que j’ai découvert !

    Petit curieux !

    Et oui, je suis comme toi : curieux. En fait tu as envie de savoir ce que j’ai découvert, et peut-être même comment ? La curiosité est ce qui depuis l’invention du silex ce qui nous a fait avancer. Tu t’imagines toi, nu, au froid, tremblant, avec un silex dans la main et découvrir que ça peut te réchauffer ? Faut être curieux non !
    Même toi, as-tu conscience que ce qui va te faire avancer, progresser c’est ta curiosité ? En fait, si tu rencontres une personne qui n’est pas curieuse tu sauras une chose importante sur elle : là où elle est aujourd’hui et bien, elle y sera encore dans 3 ans, dans 10 ans.. toute sa vie en fait !
    C’est pour ça que notre cerveau est programmé pour être curieux et vouloir savoir. Une fois qu’il sait il peut alors faire un choix : est-ce que c’est utile pour : 1 ma survie ; 2 satisfaire à mes besoins ; 3 me faire atteindre mes envies… ou pas.

    Mais ce n’est pas tout. C’est aussi ce qui nous sauve la vie !

    Un danger peut se cacher ici !

    Et oui, le danger te guettes ! Te souviens-tu de la dernière fois ou tu étais dans un lieu que tu ne connaissais pas…? Pas de zombie à l’horizon ? et comment marche ce truc ? et qu’est-ce que je dois faire si… ? mais si il fait ça qu’est-ce que je réponds. En fait tout est danger… ou plus précisément notre instinct de survie voit tout ce que nous ne connaissons pas comme danger. Il suffit à une autre échelle de regarder la peur que certains ont de diffuser le savoir nous permettant de remettre en cause nos croyances… mais bon ça y est je m’égare.

    Donc, tu veux savoir aussi par précaution, c’est une sorte de super-curiosité-protectrice !

    Donc, je viens de découvrir que,

    et bien je viens de découvrir que cette phrase t’a fait lire cet article ! Imagine ça… Une phrase qui ne dit rien t’a fait passer 5 minutes ici… Mais ta curiosité est satisfaite… Ce n’est pas un danger, et cela peut être un atout. Un déclencheur que tu vas ajouter à ton silex, ton arc et con couteau « made in Rahan »

    Pour Rahan, c’est ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rahan

    Premier apprentissage : 

    « Dis lecteur, je viens de découvrir que…». C’est une belle et bonne phrase d’accroche ! Tu n’imposes rien à celui qui l’entend et tu le laisses libre d’aller plus en avant. Sais tu (par exemple, et c’est vrai), que je viens de découvrir que je pouvais te faire gagner en autonomie financière ! Si si… 
    Autre exemple vrai : Juste avant d’écrire cet article j’ai découvert que je venais de gagner 2x plus que la semaine dernière alors que j’ai rien fait et que c’était le weekend !

    Second apprentissage :

    Si tu lui donne l’intégralité de la réponse, que va faire son cerveau ? Et bien décider si oui ou non ce que tu as appris lui est nécessaire, utile, ou sans intérêt. Mais ce n’est pas ce que tu veux n’est-ce pas. 

    En effet, si je ne connais pas un sujet, la première vision que j’en est obligatoirement parcellaire, je ne pourrais pas comprendre totalement les rouages, son fonctionnement et je risque de prendre une décision en comparant ce que l’on me dit avec ce que je sais… hors je ne sais pas les bonnes choses.
    Pour faire court : dès que la personne pense savoir, elle décide.. puis se tiens à sa décision. Cela à du t’arriver de parler d’un sujet et d’avoir en face de toi un bonhomme qui te dit : j’ai compris alors qu’il n’a rien compris du tout ! Là c’est pareil…

    Ton travail va alors consister à l’aider à comprendre en balisant le parcours d’étapes, de montrer qu’il y a encore d’autres infos et le conduire, sans l’influencer, à prendre toute l’information nécessaire. Ensuite il sera libre de décider.
    Imagine que tu donnes des cours de parachute et que tu as expliqué comment mettre un parachute et l’ouvrir et que la personne te dises « Ok c’est bon je saute », et il monte dans l’avion, saute, ouvre son parachute et s’écrase ; splach ! C’est normal tu l’a laissé monter dans l’avion avant de lui apprendre à quel moment il fallait ouvrir le parachute, bien plus haut qu’il ne l’a fait ! difficile de lui expliquer maintenant.. Et bien c’est pareil à toi d’être le guide pour qu’il ait la bonne infos.

    La morale de cette histoire

    La morale est : communiquer ne consiste pas à dire ce que l’on a envie de dire. Communiquer c’est avant tout créer un lien avec l’autre et pour cela, il te faut parler sa langue, il faut qu’il ait envie de communiquer. A toi de savoir quelle langue il parle ce qui peut l’intéresser comme ce que nous avons vu et comment entretenir un lien. C’est seulement une fois que le lien est créé que tu pourras passer ton message.

    Et, comme toute communication à toi de voir si ton objectif est de lui ouvrir des choix, ou l’influencer vers ton choix. En prendre conscience est un bon début…