Quand toutes les solutions échouent, tombez amoureux du problème ! - Olivier Parent

7 questions pour avancer

Trouver les bonnes actions, la stratégie, commence par évaluer correctement la situations. Ces 7 questions de coaching vont vous permettre de vous y retrouver plus clairement ou bien, d'aider vos proches.

Quand toutes les solutions échouent, tombez amoureux du problème !

C’est une difficulté ? Non c’est un problème ! Face à une situation bloquée, si vous avez trouvé la solution c’est que vous étiez face à une difficulté. Mais si aucune de vos solutions ne fonctionnent, alors c’est que vous avez un problème… ! Pour s’en sortir ? Devenez amoureux de votre problème…

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C’est quoi ton problème ?

Vous êtes là ! Confronté à une situation sans issue. Vous avez essayé tout ce qu’il était possible de faire. Vous avez essayé, essayé encore plus fort, différemment, mais rien n’y fait ! Toutes vos tentatives sont vaines, sans résultat et vous voyez même parfois la situation empirer.

Pourtant, depuis que vous allez à l’école on vous apprends que la connaissance de l’histoire permet de prédire le futur. Descartes vous apprends ensuite qu’il faut trouver la cause première, découper un problème en sous-problèmes plus petit… alors vous étudiez la solution cherchez qui de la poule ou de l’œuf est à l’origine du problème, mais rien n’y fait. Plus vous tentez, plus vous échouez.

Un conflit dans une entreprise, un poste dans lequel personne ne reste plus de 9 mois, une équipe sans aucune dynamique, une stratégie menant coup sur coup à des échecs, une carrière avec un avenir insaisissable,… comment se retrouve-t-on perdu sans un labyrinthe sans issue ?

Aimez votre problème ! Et pour l’aimer, un présupposé est nécessaire à prendre en compte : un problème compliquée ne se régule pas comme un problème complexe.

1. Votre problème est compliquée ou complexe ?

1.1 Une brève définition

De cette différence, va naître une stratégie de résolution différente, mais commençons par expliquer ces termes simplement.

• Un problème, un système compliqué, se définit par la capacité à en comprendre l’intégralité du fonctionnement. Par exemple le moteur d’une voiture ou un circuit informatique est compliqué, mais nous pouvons analyser l’intégralité des éléments qui les composent. Aussi compliqués soient-ils nous pouvons tout relier, comprendre, analyser, décomposer le processus totalement.

• Un problème, un système est dit complexe quand la compréhension totale nous est impossible. Il existe toujours une partie du système que nous ne comprenons pas. Le chômage, la R&D, une relation humaine, un conflit.

En somme, quand une situation est compliquée, nous pouvons poser tous les éléments à plats, alors que si elle est complexe, un degré d’incertitude dans le fonctionnement est toujours présent ; soit nous l’ignorons par facilité, soit nous l’enfermons dans une boite noire au fonctionnement inconnue qui va prendre, selon notre approche un nom différent (hasard, inconscient collectif, chance, la Force,…)

Une question se pose alors ; peut-on travailler sur ces problèmes de la même façon. En effet, si le problème est compliqué et que vous n’avez pas la solution, alors l’apprentissage de son fonctionnement permettra de trouver la réponse, de même que les solutions des experts ayant déjà eu ces mêmes problèmes du fait que nous avons tous les éléments pour trouver la solution.

Mais dans le cas d’un problème complexe, n’ayant jamais tous les éléments il nous est impossible de se baser sur la décomposition en problèmes plus petits, ni d’utiliser une approche linéaire du fait des zones d’ombres.

Regardons donc si l’approche de Descartes, base de la pensée logique, cartésienne, à ouvert la porte à une pensée plus complexe…

1.2 De Descartes…

Replongeons quelques temps en arrière, dans la première moitié du 17ème siècle avec  [simple_tooltip content=’René Descartes, né le 31 mars 1596 à La Haye-en-Touraine et mort le 11 février 1650 à Stockholm, est un mathématicien, physicien et philosophe français. Il est considéré comme l’un des fondateurs de la philosophie moderne.’]R. Descartes[/simple_tooltip] quand il pose les bases d’une science moderne avec une application plus forte de la logique. Causalité linéaire & réduction en problèmes plus petits et simples, comme méthode de résolution de gros problèmes.

Cette approche, première en son genre va faire évoluer toutes les sciences. Nous avons une méthodes pour résoudre des problèmes de façon logique. Freud à d’ailleurs repris l’approche de Descartes entre autre avec l’idée de cause première, de causalité linéaire.

Et cela fonctionne merveilleusement bien avec les systèmes compliqués. En effet, nous pouvons alors « démonter » le fonctionnement du problème, trouver l’origine issue d’un enchaînement logique de réactions…

Nous pouvons comprendre un moteur. Nous pouvons apprendre comment fonctionne le cœur, nous pouvons étudier un livre de compte et trouver le dysfonctionnement et une solution.

Mais en divisant en parties le problème, on oublie un niveau : comment les parties interagissent entre elles ? Comment les éléments trouvent un équilibre entre eux ?

Des scientifiques de tous les univers : économistes, psychologues, mathématiciens, anthropologues, se sont retrouvé dans les années 1940 confortés à cette nouvelle problématique : il devenait impossible d’utiliser l’approche de Descartes pour résoudre les problèmes car on ne pouvait plus intégrer tous les éléments. Les organes du corps ne pouvaient plus s’étudier séparément, l’économie gérait des problématiques plus larges, les mathématiques et la physiques évoluaient. – Les outils traditionnels ne fonctionnaient plus. Surtout dans domaine des sciences du vivant.

1.3   … à Bateson

Ce fut le temps des Conférences de Macy de 1942 à 1953 avec pour objectif de regrouper des scientifiques de tous les horizons pour édifier une science générale plus large permettant de s’attaquer aux problèmes… complexe.

La question se pose alors de savoir comment il peut exister une certaine stabilité dans les systèmes complexes ? Et comment comprendre le fonctionnement si nous n’avons pas accès à tous les éléments.

Dans le domaine des sciences humaines un homme s’est confronté à ce type de questions, Gregory Bateson {1904-1980), anthropologue anglais. Il fut d’abord biologiste puis s’intéressa à l’anthropologie qu’il étudia avec Malinowski qui fut un pionnier de l’anthropologie de terrain. Ce qui s’opposait à l’ethnocentrisme de l’époque.

Pour lui, il faut comprendre comment les sociétés fonctionnent et non les comparer entre elles. Il faut aller sur le terrain pour comprendre les interactions, l’observateur n’étant pas neutre. En effet, en fonction de son modèle théorique, de sa vision, l’explication de phénomènes est différente.

Bateson se pose la question, comment, à partir d’une théorie individuelle et historique expliquer l’augmentation ou l’arrêt d’un comportement. Il en déduit qu’il faut tenir compte de l’interaction dans l’ici et maintenant.

On passe donc d’une théorie historique et individuelle à une théorie synchronique et interactionnelle. De là, va naître la cybernétique qui étudie la communication et le contrôle. C’est « la science qui étudie les mécanismes de communication et de contrôle dans les machines et chez les êtres humains » (Wiener).

Ajoutons à la cybernétique, la théorie des systèmes et la théorie de l’information et nous avons la naissance de l’approche #systémique qui a pour objet de comprendre comment s’organise la régulation d’un système. C’est cette approche globale et interactionnelle qui va permettre, non pas de séparer pour trouver une solution mais d’avoir une vue d’ensemble. Si la boite noire, une partie manquante d’un problème est toujours là, nous allons étudier les interactions entre les éléments du système. Y compris l’influence de la boite noire !

Nous sommes alors devant un système (une personne, un couple, une équipe, une entreprise, un pays,…) qui à ses propres règles de fonctionnement multi-factorielles face à nous, dans sa globalité, sa complexité et sa part inconnue.

2. Tombez amoureux de votre problème

Alors pourquoi et comment peut-on regarder un problème complexe avec cette vision quand toutes les solutions tentées ont échouées ?

Ne vous souvenez-vous de situations où la réorganisation  d’un service n’arrivant pas à se réaliser, la société change le responsable du service, ou certains individus, sans succès.. Qu’il s’en suit des formations, interventions, #coaching pour réaliser le changement en vain ? À un tel point que seule une rupture complète, dure, semble être la solution mais qu’elle est impossible à mettre en œuvre de par la rupture qu’elle impose ? Et c’est donc des changements successifs qui en fait ne change… rien.

Une des règles issue de la cybernétique et des lois de la thermodynamique est que tout système tends à trouver et garder son point d’équilibre. En somme tout ce que vous allez essayer de faire pour changer une situation, une relation, va engendrer un ajustement du système pour ne pas changer… et plus vous allez vouloir changer la situation, plus le système va faire son possible pour ne pas bouger.

2.1 Tombez amoureux

Alors plutôt que de chercher la solution, regardez le problème autrement. Regardez à quel point il est magnifique dans sa capacité à vivre, à résister à tout ce que l’on entreprends pour le résoudre. Observez à quel point il est capable de s’ajuster pour persister. Tout comme un couple peut traverser les épreuves de la vie, ce problème persiste malgré tout ce qui l’attaque… Observez, sans jugement, comprenez la beauté de cet équilibre de cet perpétuel ajustement jusqu’à ce que vous le trouviez merveilleux. Tombez amoureux de la beauté de ce système. N’a-t-il pas une compétence particulière pour énerver toutes les personnes qu’il croise ? N’est-il pas merveilleux dans sa compétence à échouer dans toutes ses relations amoureuses ? Ne sont-ils pas doués ceux qui arrivent toujours à court-circuiter l’organigramme officiel ?

2.2 Admirez la chorégraphie.

À ce moment là vous pourrez comprendre comme les ajustement sont beaux et, tel un ballet, le mouvement d’ensemble vous semblera plus important que les danseurs. C’est cette chorégraphie qui devient importante, sa compréhension, sa raison d’exister ; elle à un but, une mission.

2.2 Admirez la chorégraphie.

De cette connaissance vous pourrez trouver ce qu’il faut ajuster non pas en terme de personne, mais de chorégraphie.

« Une certaine liberté naît de la reconnaissance de ce qui est nécessairement présent. Après cela, apparaît le savoir comment agir » Gregory Bateson

3. Maintenant changez.

Changez votre regard sur la situation, changez de posture, de vision pour la voire sous différents angle. Plutôt que de vouloir la résoudre dansez avec elle. Ne changez pas les danseurs, changez la musique ou la piste de danse. Mais attention ! Il y a un bémol car un il faut prendre en compte une autre règle disant que « tout élément d’un système ne peut pas le changer tout seul ». Alors que peut-on faire seul et comment compléter son action si nécessaire ?

 3.1 Arrêtez de vouloir changer pour changer.

Vous avez tout essayé mais en vain, vous le savez maintenant, chaque fois que vous avez voulu provoquer le changement vous n’avez que provoqué une résistance à ce propre changement. Et que se passera-t-il à votre avis si vous recommencez une fois de plus… ?

Alors commencez par arrêter, laisser les résistances aux changement disparaitre… cela ne résoudra pas la situation mais toute l’énergie négative en sera éliminée. De bonnes bases non ?

 3.2 La solution est ailleurs

La trouver n’est pas chose facile du fait même qu’elle est en dehors de notre cadre de pensée… mais peut-être pas en dehors du système de pensée d’autres personnes ?

  • Qui as-su trouver une solution ?

  • Quelle personne est si loin de vous que c’est la dernière personne auprès de qui chercher ?

  • Quels sont les idées, conseils que vous avez rejetés d’un revers de main, certains de leurs inefficacités ?

  • Qu’est-ce qui pourrait aller à contre-sens de vos tentatives de solutions ?

Peut-être aurez vous des pistes à étudier…

Rappelez-vous cet adage disant que : s’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème… ou plus exactement que nous avons alors confondu un symptôme avec un problème, que nous n’avons pas vu la chorégraphie de la bonne façon…

En Ouverture

L’apprentissage est l’amélioration de nos réponses dans des situations données et connues. L’expert, le consultant, sait trouver l’élément important là ou le débutant ne voit qu’une situation compliquée et vous apportera une solution sur mesure. Le formateur pourra vous aider à former vos équipes à résoudre ces difficultés. Le coach serait alors là en tout cas dans sa version systémique pour vous aider à comprendre la chorégraphie du complexe et trouve une stratégie minimaliste et stratégique. C’est peut-être là une différence entre le coach qui vous pousse dans la direction qu’il sait la bonne (un peu à l’américaine) et le coach qui va plonger dans votre labyrinthe, avec vous et vous aider à en trouver la sortie.

"La vie deviendrait horriblement compliquée si on ne pouvait mettre en réserve des solutions ou des adaptations réussies pour pouvoir les appliquer à nouveau à l’avenir. Mais ces solutions deviennent de terribles simplifications, répétons-le, si on ne prend pas en considération le fait que les circonstances évoluent sans cesse et que les solutions doivent changer au même rythme." , in Changements

Paul Watzlawick

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